L’Industrial Estate Authority of Thailand (IEAT) gère un réseau de zones industrielles réparties dans une vingtaine de provinces thaïlandaises, offrant aux investisseurs étrangers un avantage rare dans le droit thaïlandais : la possibilité de posséder le terrain de leur usine à 100 %, sans passer par une structure locale. Choisir la bonne zone dépend surtout du secteur d’activité, de la proximité logistique recherchée, et du type d’incitations visées.
Si votre projet est davantage orienté R&D ou haute technologie, les parcs scientifiques et technologiques peuvent offrir un cadre plus adapté que les zones industrielles classiques. Notre équipe vous aide à identifier l’implantation la plus pertinente pour votre activité.
Qu’est-ce que l’IEAT et pourquoi passer par une zone industrielle
L’IEAT est un organisme d’État placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie, créé en 1972 pour organiser le développement industriel en dehors de Bangkok. Concrètement, l’IEAT aménage des terrains équipés (routes, eau, électricité, traitement des eaux usées) et attribue un statut réglementaire particulier à ces zones, qui donne accès à des avantages non disponibles ailleurs.
Le nombre exact de zones IEAT évolue régulièrement, entre développement de nouvelles zones et cessions à des promoteurs privés partenaires : les chiffres varient de 60 à plus de 80 zones selon les sources et les périodes. Il est recommandé de vérifier le nombre à jour directement sur le site de l’IEAT au moment de votre projet, plutôt que de se fier à un chiffre figé.
L’avantage majeur : posséder son terrain en tant qu’étranger
C’est l’argument central en faveur d’une implantation en zone IEAT. En droit thaïlandais, un étranger ne peut normalement pas posséder de terrain (Code foncier, articles 86 et suivants). L’article 44 de la loi sur l’IEAT (Industrial Estate Authority of Thailand Act) crée une exception spécifique : une société étrangère peut acquérir la pleine propriété d’un terrain situé dans une zone industrielle, à condition de l’utiliser pour son activité industrielle.
Deux points de vigilance à connaître avant de s’engager :
- La demande d’autorisation d’usage du terrain doit être déposée auprès du guichet unique de l’IEAT (One-Stop Service), avant la signature de l’acte de vente
- En cas de cessation ou de cession de l’activité, la société doit revendre le terrain dans un délai de 3 ans, faute de quoi la revente est organisée d’office par le Département des Terres
Zones générales et Free Zones : quelle différence
Les zones IEAT se divisent en deux catégories principales :
- Zones industrielles générales : destinées à tout type de production, sans régime douanier particulier
- Free Zones (zones franches) : destinées aux activités d’exportation, avec exonération de droits de douane et de TVA sur les matières premières et équipements importés, tant qu’ils restent dans la zone ou sont réexportés
Le choix entre les deux dépend de la part de production destinée à l’exportation. Une activité tournée en majorité vers le marché thaïlandais aura peu d’intérêt à opter pour une Free Zone, dont les contraintes de séparation entre flux domestiques et flux export ajoutent une charge administrative.
Où sont situées les principales zones et comment choisir
La répartition géographique reflète les priorités industrielles thaïlandaises :
- Chonburi et Rayong concentrent le plus grand nombre de zones, au cœur de l’Eastern Economic Corridor (EEC), avec un accès direct au port en eau profonde de Laem Chabang. Idéal pour l’automobile, la pétrochimie, l’électronique et la logistique export.
- Chachoengsao, en périphérie de l’EEC, attire des activités complémentaires (technologies vertes, logistique).
- Samut Prakan, proche de Bangkok et de l’aéroport de Suvarnabhumi, reste recherchée pour les activités liées à l’automobile et à l’électronique nécessitant une proximité avec la capitale.
- Ayutthaya et Saraburi offrent des coûts fonciers plus modérés tout en restant dans le corridor central.
- Lamphun et Chiang Mai, dans le nord, ciblent des activités moins dépendantes d’un accès portuaire direct.
- Songkhla, dans le sud, sert de porte d’entrée vers la Malaisie et dispose d’une zone spécialisée dans le caoutchouc.
Le critère de choix ne se limite donc pas au coût du terrain : proximité d’un port pour l’export, disponibilité de fournisseurs et sous-traitants dans le même secteur (effet de cluster), et distance par rapport aux zones EEC si votre activité peut bénéficier de leurs incitations spécifiques, sont autant d’éléments à comparer avant de signer.
Cumuler IEAT et BOI
Une implantation en zone IEAT n’empêche pas de solliciter une promotion BOI en parallèle : les deux dispositifs sont complémentaires plutôt que concurrents. L’IEAT structure la localisation et l’accès au foncier, tandis que le BOI apporte les exonérations fiscales (impôt sur les sociétés, droits d’importation sur les machines) propres à l’activité promue. La plupart des grands projets manufacturiers dans l’EEC combinent les deux.
En résumé :
- L’IEAT gère un réseau de zones industrielles équipées réparties dans une vingtaine de provinces
- Avantage clé : possibilité pour une société étrangère de posséder 100 % du terrain (article 44 de la loi IEAT), obligation de revente sous 3 ans en cas de cessation d’activité
- Deux types de zones : générales (marché domestique) et Free Zones (export, exonération douanière)
- Chonburi et Rayong concentrent l’essentiel des zones liées à l’EEC et à l’export portuaire
- Le choix de la zone dépend du secteur, de l’accès portuaire recherché, et de l’effet de cluster avec d’autres entreprises du même secteur
- IEAT et BOI sont cumulables : localisation et foncier via l’IEAT, incitations fiscales via le BOI
Questions fréquentes
Q : Un étranger peut-il posséder un terrain dans une zone industrielle thaïlandaise ?
R : Oui, en vertu de l’article 44 de la loi sur l’IEAT, une société étrangère peut posséder à 100 % un terrain situé dans une zone industrielle, à condition de l’utiliser pour son activité et de le revendre dans les 3 ans suivant la cessation de cette activité.
Q : Combien de zones industrielles gère l’IEAT aujourd’hui ?
R : Le nombre varie selon les sources et évolue régulièrement, généralement entre 60 et plus de 80 zones réparties dans une quinzaine à une vingtaine de provinces. Il est conseillé de vérifier le chiffre actualisé sur le site officiel de l’IEAT.
Q : Quelle est la différence entre une zone industrielle générale et une Free Zone ?
R : Une zone générale ne comporte pas de régime douanier particulier, tandis qu’une Free Zone permet d’importer matières premières et équipements en franchise de droits de douane et de TVA, à condition qu’ils restent dans la zone ou soient réexportés.
Q : Peut-on cumuler une implantation IEAT avec une promotion BOI ?
R : Oui, les deux dispositifs sont complémentaires. L’IEAT structure la localisation et le foncier, le BOI apporte les exonérations fiscales propres à l’activité promue. La combinaison est fréquente pour les projets manufacturiers dans l’EEC.
Q : Quelle zone choisir pour une activité orientée export ?
R : Chonburi et Rayong, au cœur de l’Eastern Economic Corridor, offrent l’accès le plus direct au port en eau profonde de Laem Chabang et concentrent la majorité des Free Zones adaptées à l’export.
Q : Que se passe-t-il si l’on cesse son activité sur un terrain IEAT possédé en propre ?
R : La société dispose de 3 ans pour revendre le terrain. Passé ce délai, la revente est organisée d’office par le Département des Terres, selon les modalités du Code foncier.
Q : Faut-il obligatoirement passer par l’IEAT pour posséder un terrain industriel en Thaïlande ?
R : Non, la promotion BOI (article 27 de la loi sur la promotion des investissements) offre une autre voie d’accès à la propriété foncière pour les activités promues, mais uniquement sur le terrain nécessaire au projet approuvé, sans passer par une zone IEAT dédiée.
Conclusion
Les zones industrielles gérées par l’IEAT offrent aux investisseurs étrangers un accès rare à la pleine propriété foncière en Thaïlande, un avantage qui pèse lourd dans le choix d’implantation d’un site de production. Le bon choix de zone dépend moins du coût affiché que de l’adéquation entre votre secteur, votre marché cible (domestique ou export) et l’écosystème industriel déjà présent sur place. Notre équipe accompagne les investisseurs étrangers dans le choix et la structuration de leur implantation industrielle en Thaïlande : contactez-nous pour évoquer votre projet.






