Reprendre un commerce en Thaïlande : Introduction.

Reprendre un commerce en Thaïlande, voilà bien l’ambition de quelques personnes désireuses de s’installer sous des latitudes plus clémentes. Mais reprendre un commerce en Thaïlande cache bien des pièges, que ce soit pour la reprise d’un bar, d’un restaurant ou encore d’une guesthouse. Voyons ensemble les plus communs d’entre eux.

La reprise de la société :

Pour reprendre un commerce en Thaïlande il faut d’abord que vous ayez une société. Cela tombe bien car le revendeur vous donne sa société en même temps que le commerce, y compris les permis de travail.

Alors, dans ce cas-ci, déjà deux point à soulever :

– en reprenant la société d’un tiers, vous devenez automatiquement responsable de tous ses passifs, que ce soit au niveau des dettes cachées, des vices de procédure ou encore des faux en écriture. Attention, je ne dis pas que tous les revendeurs sont malhonnêtes mais vous devez être conscient des risques que vous prenez, certains de ceux-ci pouvant vous mener derrière les barreaux.

– le second point concerne les permis de travail. En cela la législation est claire, il vous faut quatre employés thaïs par permis de travail octroyé. La première chose à vérifier est de voir si la société que vous désirez reprendre employant bien le nombre d’employés dédiés. Je vous dis cela car il arrive que quelques magouilles comptables fassent apparaître des employés qui n’existent ou ne travaillent pas réellement. D’où mon allusion en faux en écriture et aux peines de prison. A voir aussi si le commerce que vous allez reprendre, avec au minimum votre permis de travail, nécessite d’employer quatre travailleurs thaïs.

Bref, parfois il vaut mieux créer sa propre société plutôt que de vouloir rependre une société déjà existante. Et ce que je vais vous expliquer un peu plus loin va conforter cette prise de position.

Vous avez une société mais vous n’avez rien…

Lorsque vous désirez reprendre un commerce en Thaïlande, vous commencez par surfer sur la toile sur des sites dédiés, vous épluchez les petites annonces. En épluchant toutes les propositions, et elles risquent d’être de plus en plus abondantes suite à la pandémie et la chute du tourisme en Thaïlande, vous remarquerez deux éléments extrêmement importants. On va vous parlez de loyer et de key money. Concernant le key money c’est une pratique que j’explique dans un autre article et qu’il est primordial de comprendre et maîtriser quand il s’agit de reprendre un commerce en Thaïlande.

Mais pour l’instant, penchons nous un peu plus sur ce concept de loyer.

Loyer, bail, que possédez vous réellement ?

Ca y est, vous avez signé et fais tous les papiers, vous venez de reprendre la société qui était à vendre. Mais en fait qu’avez vous ? Et bien juste une structure juridique qui vous permet de louer un emplacement achalandé pour votre activité. Vous venez de rachetez une société qui est tout simplement locataire d’un lieu détenu par un propriétaire et là vous allez vous retrouver face à plusieurs scénarios possibles en terme de bail et de loyer.

Première option, il y a un bail en cours et vous le reprenez. Normalement pas de caution locative à payer, vous bénéficiez de celle de votre prédécesseur, bien que ce dernier vous l’ait sûrement inclus dans le prix de la reprise de sa société.

Seconde option, le propriétaire décide de signer un nouveau bail avec vous? Dans ce cas il est probable qu’il vous réclame deux mois de caution et le fameux key money, pratique que j’explique dans un autre article et qu’il est primordial de comprendre et maîtriser quand il s’agit de reprendre un commerce en Thaïlande

Alors que retenir de tout cela ?

La première chose c’est que vous n’êtes propriétaire de rien en rachetant une société de cette manière, sauf des passifs. A vous de voir si le prix demandé est justifié. Certains vous parleront de la clientèle qu’ils vous remettent en même temps, des aménagements personnels qu’ils ont ajouté à un emplacement dont ils ne sont pas propriétaires, de la plus value de leur site internet ou de leur page Facebook,… Bref, à vous d’analyser et de voir si le prix demandé est justifié.

Autre point crucial, le bail et le loyer que vous allez devoir payer pour un lieu, un bâtiment et du matériel qui ne vous appartiendront jamais.

Il faut savoir que souvent les propriétaires proposent un bail de trois ans maximum, voire un peu plus occasionnellement si il y a un key money assez conséquent derrière. En fait ce choix de trois ans est simple. Premièrement, en ne dépassant pas cette durée, le propriétaire n’a aucune obligation de déclarer sa location au “Land of Office”, une sorte de cadastre thaïlandais. Ensuite, cela permet aussi au propriétaire d’augmenter son loyer à chaque renouvellement. Parfois cela se chiffre à une augmentation de 10% mais il est de plus en plus fréquent que cette augmentation soit plus conséquente. J’ai déjà vu des loyers grimper de plus de 25% avec en prime un petit dessous de table à payer.

Attention néanmoins, tous les propriétaires ne sont pas malhonnêtes, certains préfèrent garder un loyer accessible plutôt que de se retrouver sans locataire et devoir attendre pour en trouver un nouveau.

Pour conclure, en devenant locataire vous ne devez pas occulter les risques liés à ce type de reprise de commerce en Thaïlande. Pourrez vous faire face à une baisse d’activité suite à une épidémie, une chute de fréquentation, une période creuse ? Que se passera t’il si le propriétaire décède et que ses héritiers n’ont pas les mêmes valeurs, les mêmes objectifs ?

Reprendre un commerce en Thaïlande : Conclusions

J’ai parcouru pas mal d’annonces et je reste subjuguer par les propositions qui sont faites. Par exemple, le prix de la reprise de la compagnie semble inclure la valeur de l’immobilier dont vous ne serez jamais propriétaire. J’ai vu des propositions de rachat à plusieurs millions de bahts pour finalement se retrouver avec une structure que vous devez louer tous les mois.

Alors, tant qu’à investir des millions, autant créer votre propre société, acheter du terrain au nom de cette dernière et construite vous même votre structure. Ainsi pas de loyer à payer et si un jour vous en avez marre, vous avez un bien concret à revendre, que ce soit à une autre société ou à un Thaïlandais. Avec en prime l’opportunité de vous installer dans des zones moins saturées en tourisme, j’en touche quelques mots dans ma vidéo intitulée : 10 bonnes raisons de ne pas reprendre une location touristique.

Reprendre un commerce en Thaïlande, les pièges à éviter

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